CNPRI
  • juillet 17, 2026
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Du 15 au 17 juillet 2026, la ville de Kolwezi, au cœur de la province du Lualaba, a accueilli un atelier national consacré à la gestion des remblais radioactifs et à la prévention des urgences radiologiques. Organisée par le Comité National de Protection contre les Rayonnements Ionisants (CNPRI) sous le patronage du Ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations, cette rencontre a réuni des représentants des entreprises minières, des services publics, des experts en radioprotection, des professionnels de la santé ainsi que plusieurs partenaires institutionnels.

Un enjeu majeur pour les régions minières

L’exploitation des minerais de cuivre et de cobalt dans le Grand Katanga génère des remblais contenant parfois des matières radioactives naturelles (NORM/TENORM). Lorsqu’ils ne sont pas correctement gérés, ces matériaux peuvent présenter des risques pour les travailleurs, les communautés riveraines et l’environnement.

Face à cette réalité, le CNPRI a organisé cet atelier afin de renforcer les connaissances des acteurs concernés, promouvoir le respect de la réglementation nationale et améliorer les capacités de prévention et de réponse en cas d’urgence radiologique.

Des objectifs clairement définis

Pendant trois jours, les participants ont travaillé autour de cinq objectifs principaux :

  • mieux comprendre les risques radiologiques liés aux remblais miniers ;
  • renforcer la conformité avec la réglementation nationale ;
  • maîtriser les procédures d’alerte et de communication en cas d’incident ;
  • promouvoir les bonnes pratiques de premiers secours et de sécurisation des sites ;
  • élaborer des plans d’action adaptés aux réalités locales.

Des experts mobilisés autour de 14 présentations

Les travaux ont été structurés autour de 14 communications techniques portant notamment sur :

  • les risques liés aux matières radioactives naturelles dans les exploitations minières ;
  • les audits radiologiques réalisés dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga ;
  • la gestion des urgences radiologiques sur les sites miniers ;
  • le transport sécurisé des matières radioactives ;
  • les responsabilités des exploitants industriels et artisanaux ;
  • la radioprotection des travailleurs ;
  • les normes internationales de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) ;
  • l’état des lieux des remblais radioactifs dans les provinces minières.

Ces interventions ont permis aux participants de partager leurs expériences, d’identifier les défis actuels et de proposer des solutions concrètes.

Six groupes de travail pour des recommandations opérationnelles

Afin de favoriser une réflexion collective, les participants ont été répartis en six panels portant sur :

  • les responsabilités réglementaires des exploitants miniers ;
  • la cartographie des risques radiologiques ;
  • la sûreté du transport des matières radioactives ;
  • la protection des travailleurs ;
  • la gestion des incidents et des plans d’urgence ;
  • la coopération entre l’État, les entreprises minières et le secteur artisanal.

Les échanges ont abouti à plusieurs recommandations prioritaires.

Des recommandations fortes pour renforcer la radioprotection

Parmi les principales propositions formulées figurent :

  • la mise à jour régulière de la cartographie des zones à risques ;
  • le renforcement des contrôles radiologiques sur les sites miniers ;
  • l’amélioration du suivi dosimétrique des travailleurs exposés ;
  • la sensibilisation des communautés vivant à proximité des sites miniers ;
  • la sécurisation physique des remblais afin d’éviter les intrusions ;
  • la création d’un fonds d’urgence destiné à financer les interventions radiologiques ;
  • le renforcement de la collaboration entre les autorités publiques, les entreprises minières et les coopératives artisanales.

Les participants ont également insisté sur l’importance de développer une véritable culture de sûreté radiologique, fondée sur la prévention, la transparence et la responsabilité partagée.

Une vision commune pour une exploitation minière durable

Au-delà des aspects techniques, cet atelier a démontré que la gestion des risques radiologiques constitue un élément essentiel d’une exploitation minière responsable. La protection des travailleurs, des populations et de l’environnement repose sur une coopération étroite entre l’État, les opérateurs miniers, les experts et les communautés locales.

À l’issue des travaux, les organisateurs ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les actions de sensibilisation, de renforcer les capacités des acteurs et d’accompagner la mise en œuvre des recommandations formulées lors de cette rencontre.

Conclusion

L’atelier de Kolwezi marque une étape importante dans le renforcement de la gouvernance de la radioprotection en République Démocratique du Congo. Face aux défis liés aux matières radioactives naturelles présentes dans certaines activités minières, la prévention, la formation et la coordination demeurent les meilleurs outils pour garantir une exploitation plus sûre, plus durable et respectueuse de la santé publique comme de l’environnement.

Les présentations de l’atelierLes photos durant l’atelier