Lors de l’Atelier CNPRI Kolwezi 2026, Philippe Kaindu a présenté une étude approfondie sur le processus de concentration de l’uranium dans les stériles issus de l’exploitation du cuivre et du cobalt. Longtemps considérés comme de simples déchets, ces résidus miniers apparaissent désormais comme des gisements secondaires stratégiques, porteurs de valeur économique et de défis environnementaux.

Contexte géologique
Dans la ceinture cuprifère katangaise, l’uranium est fréquemment associé aux dolomies silicifiées, argilites réductrices et formations riches en matière organique. Les minéraux uranifères identifiés incluent l’uraninite, la coffinite, la brannérite et des phases secondaires comme l’autunite ou la torbernite. Leur coexistence avec les sulfures de cuivre et de cobalt complique la récupération métallurgique classique.
Mécanismes de concentration
Plusieurs processus expliquent la présence d’uranium dans les stériles :
- Libération incomplète lors du concassage et du broyage.
- Différences de comportement en flottation, les collecteurs de sulfures n’ayant pas d’affinité pour l’uranium.
- Altération supergène, favorisant la mobilité des ions uranyles (UO₂²⁺).
- Facteurs géochimiques tels que le potentiel redox, le pH et l’adsorption sur argiles ou oxydes de fer et manganèse.
- Contrôle minéralogique et hydrogéologique, où l’eau joue un rôle clé dans la dissolution, le transport et la précipitation.
Techniques d’investigation
La caractérisation repose sur des méthodes avancées : spectrométrie gamma, ICP-MS, DRX, microscopie électronique (MEB-EDS), cartographie radiométrique et essais métallurgiques de lixiviation. Ces outils permettent d’identifier les phases uranifères et d’évaluer leur potentiel de récupération.
Perspectives de valorisation
Les stériles représentent une ressource à exploiter dans une logique d’économie circulaire. Les techniques de récupération incluent la lixiviation acide ou alcaline, la flottation sélective, l’extraction par solvants et l’utilisation de résines sélectives. Cette approche vise à augmenter la valeur des résidus miniers tout en réduisant leur impact environnemental.
Enjeux environnementaux
La gestion de l’uranium dans les stériles implique :
- Protection des aquifères et contrôle des eaux de ruissellement.
- Réduction des poussières radioactives.
- Surveillance radiologique des travailleurs.
- Réhabilitation durable des sites miniers.

Conclusion
Le phénomène de concentration de l’uranium dans les stériles cuprifères est le résultat d’interactions complexes entre processus géologiques, minéralogiques et métallurgiques. Ces résidus, loin d’être de simples déchets, constituent des gisements secondaires dont la valorisation pourrait optimiser la récupération de métaux stratégiques et améliorer la gestion environnementale.
« Ces stériles, loin d’être de simples déchets, représentent des gisements secondaires susceptibles de contenir des quantités notables d’uranium récupérable. »

